En 1870, Maupassant est dans sa vingtième année. Quand la guerre franco-prussienne
est déclarée, le 19 juillet 1870, il est mobilisé puis versé à l’intendance divisionnaire de Rouen.
L’arrogance française conduit le pays au désastre : Napoléon III déclare la guerre en précisant que l’armée prussienne n’existe pas. Son ministre de la guerre
claironne de son côté qu’il ne manque pas un bouton de guêtres à ses soldats. Oui, mais si les officiers français ont en main les cartes de l’Allemagne, ils ne possèdent même pas une carte du
Nord Est de la France : on est si sûr de ne guerroyer que chez l’ennemi. L’ennui est que l’ennemi ne laisse pas le temps aux Français de sortir de leurs frontières, envahit très vite la France et
descend jusqu’à la Loire. Le siège de Paris est épouvantable : les rats et même l’éléphant du Jardin des Plantes serviront de nourriture.
L’occupation est terrible. La peur, les souffrances, les lâchetés comme les héroïsmes de ses contemporains, Maupassant les décrit ensuite dans un certain nombre de
nouvelles où les Prussiens apparaissent souvent brutaux, stupides, voire monstrueux : La Folle, Le Père Milon, St Antoine, Mademoiselle Fifi…
L’écrivain ne fait que traduire les impressions des Français qui ont subi une dure occupation, mais surtout un terrible revers, eux dont les chefs étaient si
fanfarons ! Alors, ridiculiser l’ennemi permet de supporter ses propres insuffisances. Cependant, Maupassant dénonce aussi la lâcheté de certains Français : par exemple, dans Boule de
Suif, les occupants de la diligence sont tous d’accord pour que la prostituée obtienne leur libération, mais, loin de l’en remercier, ils la fustigent ensuite.
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